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CINEMATEK@FLAGEY

FRITZ LANG : PÉRIODE AMÉRICAINE

04.01 > 27.02


La grandeur du cinéma de Fritz Lang vient notamment du fait qu’il sut adapter sa mise en scène aux mutations du langage cinématographique du XXe siècle : du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur. Peut-être aussi de sa capacité à passer d’un système de production à l’autre, élargissant chaque fois ses possibilités. Il avait tourné de grands titres de l’âge d’or du cinéma allemand, avant de s’exiler en France à la montée du nazisme, puis aux Etats-Unis où il mit son art au service des grands studios, avant de retourner en Allemagne de l’Ouest à la fin des années 1950.
L’échantillon proposé ce trimestre au Studio 5 reflète sa période américaine. Virtuose, Lang déjouait certains pièges hollywoodiens, préservant sa vision personnelle sans altérer une ligne des scénarios qui lui étaient imposés. Lang faisait parler les angles, les cadres, les éclairages, la mise en place des comédiens et découpait ses prises de manière à empêcher les montages trop mutilants.
S’ils ne relèvent plus de l’expressionisme, ses films américains en retiennent pourtant les leçons. On y reconnaît aussi son goût pour les « retournements » de situation. Ainsi dans Furie, l’un de ses film américains les plus critiques socialement, la victime d’une injuste vindicte assoiffée de lynchage, passe du statut de victime, au désir coupable de vengeance. Dans Les Contrebandiers de Moonfleet, le cinéaste épate par sa capacité à dominer les moyens d’une superproduction et à magnifier d'images sublimes, un récit d’aventures à la Stevenson. La Femme au portrait est lui une plongée psychanalytique, dans l’esprit des protagonistes d’un meurtre passionnel… Le Démon s'éveille la nuit et Le Secret derrière la porte oscillent entre mélo et série noire, autour de mariages gangrénés.

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