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Les choix de Patrick Duynslaegher et Hugues Dayez nous donnent à voir, pour conclure la saison du ciné club, quatre films montrant l'individu, vulnérable sous la pression d'institutions kafkaiennes ou de temps inhumains. Dans Garde à vue Michel Serrault doit faire face aux soupçons d'un double assassinat qui pèse sur lui, face un policier déterminé. Dans La pendaison un condamné parcourt l'irrationnel des rites légaux de la peine de mort au Japon. Et dans La honte et Le dernier métro Bergman et Truffaut montrent comment les humains s'adaptent entre dignité et infamies, aux temps de guerre.


En exclusivité en Belgique, le Musée d’Ixelles propose une rétrospective de Robert Doisneau, l’illustre photographe du Baiser de l’Hôtel de ville. À cette occasion, le Studio 5 - Flagey propose un cycle composé en concertation avec la fille de l’artiste, Francine Deroudille, croisant les thèmes, les vues et les atmosphères de l’exposition.
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Tarif réduit sur présentation d'un ticket de l'exposition ROBERT DOISNEAU au Musée d'Ixelles et inversement. Non cumulable avec d'autres réductions.
Cuba, la Chine et l'Albanie : les inédits en sortie nationale invitent au voyage. Voyage à travers l'espace et le temps : Cuba, rouges années évoquant les premières années de la révolution castriste et Chine 87, Les Autres : la vie quotidienne chinoise des années 1980.
La Palme d’or de Rosetta a donc mis Jean-Pierre et Luc Dardenne en bonne place sur la carte du cinéma international, les confortant dans leurs choix stylistiques. Leurs films suivants approfondissent cette démarche.

Le Fils, L’Enfant… Après Rosetta, les titres laconiques renvoient au style élagué des cinéastes. Un style centré sur l’essentiel de la dramaturgie, des conflits moraux et sociaux auxquels leurs protagonistes sont soumis. Focalisés sur un seul personnage, ces titres démontrent, d'une réalisation à l'autre, la parfaite homogénéité de la démarche artistique. Les trois films présentés ce trimestre confirment l’approche linéaire et dépouillée de scénarios réalistes remuant le spectateur sans recours aux artifices ou aux effets tape-à-l'œil. Avec cependant des constructions souvent voisines du film noir.
Le Fils observe un transfert affectif paradoxal, ouvrant sur des enjeux moraux capitaux. Les motifs énigmatiques des protagonistes ne sont toutefois révélés qu’en fin de récit. Olivier Gourmet emportait cette fois l’adhésion du jury cannois.
L’Enfant accentue encore le défi au confort du spectateur. Jérémie Renier (de retour dans l’univers des frères mosans après La Promesse) tient le rôle difficile d’un jeune, mené à des comportements inadmissibles par son irresponsabilité. Le cinéma belge en reçoit la deuxième Palme d’or « long métrage » de son histoire.
Le Silence de Lorna colle à la réalité des années 2000, sur fond de migrants en situations illégales. Avec les zones de flou et les règles d’obtention de la nationalité belge, les demandeurs n’ont d’autre ressource que de se tourner vers les combines, augmentant de la sorte, le pouvoir des mafias. Nouvelle présence au palmarès sur la Croisette, avec le prix accordé au scénario original des auteurs. Les fidèles Renier et Gourmet sont à nouveau de la partie…. (à suivre)

"Ne vous réjouissez pas de la défaite du monstre. La putain qui l'a engendré est de nouveau en rut !" (Bertold Brecht).
Connu comme le premier film américain antinazi, Hitler’s Reign of Terror était un réputé perdu. Une copie en a été retrouvée et numérisée par la Cinémathèque royale. Nous vous proposons de découvrir ce jalon atypique, mêlant allègrement documentaire et reconstitutions fictionalisées, mais qui contient de précieux moments saisis par son réalisateur dans l’Allemagne des années 30.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de grands cinéastes ont utilisé leur medium, afin de garder dans l’esprit du monde ce que fut l’horreur nazie et son incarnation en la personne du Führer. Chaplin et Lubitsch ont tenu le pari d’évoquer l’abominable avec humour dans leurs chefs-d'œuvre respectifs Le Dictateur et To Be or Not to Be. Sokurov a approché le sujet avec davantage de gravité et de double sens dans Moloch.


Prendre le temps, au-delà d'une projection, de réfléchir au cinéma et d'analyser le style de ses grands auteurs, pour en raffiner le plaisir : c'est ce que proposent Olivier Lecomte (FR) et Wouter Hessels (NL) avec leurs cours "Un Film à la loupe".

Le film auquel se rapporte la conférence passe à 17:30.
De juin 2017 à juin 2018, (re)découvrez une sélection de films qui ont chacun marqué l’histoire du cinéma belge francophone. Focus de ce trismestre : Rendez-vous à Bray d'André Delvaux et Dust de Marion Hänsel, sans oublier une séance de courts-métrages en noir et blanc dans le cadre des Quatre saisons de Cinergie.
Une initiative du Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
En partenariat avec Flagey et Bozar.
Rendez-vous mensuel au Studio 5 : le festival de Gand présente des films en avant-première nationale.
La grandeur du cinéma de Fritz Lang vient notamment du fait qu’il sut adapter sa mise en scène aux mutations du langage cinématographique du XXe siècle : du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur. Peut-être aussi de sa capacité à passer d’un système de production à l’autre, élargissant chaque fois ses possibilités. Il avait tourné de grands titres de l’âge d’or du cinéma allemand, avant de s’exiler en France à la montée du nazisme, puis aux Etats-Unis où il mit son art au service des grands studios, avant de retourner en Allemagne de l’Ouest à la fin des années 1950.
L’échantillon proposé ce trimestre au Studio 5 reflète sa période américaine. Virtuose, Lang déjouait certains pièges hollywoodiens, préservant sa vision personnelle sans altérer une ligne des scénarios qui lui étaient imposés. Lang faisait parler les angles, les cadres, les éclairages, la mise en place des comédiens et découpait ses prises de manière à empêcher les montages trop mutilants.
S’ils ne relèvent plus de l’expressionisme, ses films américains en retiennent pourtant les leçons. On y reconnaît aussi son goût pour les « retournements » de situation. Ainsi dans Furie, l’un de ses film américains les plus critiques socialement, la victime d’une injuste vindicte assoiffée de lynchage, passe du statut de victime, au désir coupable de vengeance. Dans Les Contrebandiers de Moonfleet, le cinéaste épate par sa capacité à dominer les moyens d’une superproduction et à magnifier d'images sublimes, un récit d’aventures à la Stevenson. La Femme au portrait est lui une plongée psychanalytique, dans l’esprit des protagonistes d’un meurtre passionnel… Le Démon s'éveille la nuit et Le Secret derrière la porte oscillent entre mélo et série noire, autour de mariages gangrénés.
Le silence, mystique, physique ou intérieur inspire nombre de cinéastes, et non des moindres: exemples avec Bergman, Melville et les frères Dardenne.
Prestigieuse tête d’affiche du Brussels Jazz Festival, Archie Shepp a sa place dans la mémoire du cinéma belge. En effet, pour Just Friends qui raconte le rêve d’Amérique d’un jazzman anversois à la fin des années 50, Marc-Henri Wajnberg avait demandé au saxophoniste américain de jouer les solos du héros, sous la direction musicale de Michel Herr.
Le festival nous permet aussi de reprendre le bel hommage rendu au jazz par le 7e art en 2017, musique de liberté défiant la botte nazie : Django d’Étienne Comar.
Nourrie de spiritualité, d’harmonies et de sons longs, de répétitions hypnotiques, incitant à la contemplation, la musique d’Arvo Pärt possède les vertus de ses profondeurs vertigineuses et de ses apaisements. Une telle expression, qui par sa texture invite l’auditeur à dessiner sur elle, ses sentiments subjectifs, ne pouvait qu’intéresser les cinéastes et accompagner leurs images sans les doubler d’un sens inopportun.
En complément du week-end Arvo Pärt à Flagey, nous proposons quelques films utilisant des extraits d’œuvres pré-existantes du musicien balte.
Deux films muets accompagnés au piano dans le cadre des Piano Days : l’impayable Fiancées en folie de et avec Buster Keaton et La Bohème de King Vidor, lequel évoquant la vie d’artiste au Quartier Latin, rejoint une thématique de l’exposition Doisneau du Musée d’Ixelles.