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Décembre 2017 - SALLE LEDOUX

un cinéma (de) mort-vivant(s) : CONFÉRENCES ET PROJECTIONS

par Jeremi Szaniawski

George Romero, Tobe Hooper, Herschell Gordon Lewis, Umberto Lenzi, ... tant de noms du cinéma bis qui nous ont quittés au cours de l'année écoulée, nous renvoient à un certain « âge d'or » du cinéma d'horreur et d'exploitation. Le caractère transgressif et provocateur de ces œuvres permit de baliser le cinéma de genre et de repousser certaines limites de la représentation, tout en proposant une iconographie indéniablement supérieure aux films dont elle était tirée par ailleurs. De plus, le contenu idéologique, voire politique, souvent subversif et même parfois (encore que rarement) progressiste, des meilleurs parmi ces films, était en contraste strident avec l'apparente idiotie ou simplicité des trames qu'ils mettaient en scène.
Si les cinéastes nous ont quittés, leurs films demeurent... mais sur des bobines de celluloid qui, elles aussi, subissant les affres du temps, finissent par se rompre, brûler, ou pourrir... Cette décomposition de la pellicule créant, au cours dudit processus, une jolie analogie avec la figure du mort-vivant.
Grande figure monstrueuse (et collective) du cinéma moderne, le zombie a été décliné sous de nombreuses variantes - notamment par feus Romero et Lenzi, mais aussi Lucio Fulci - et sa popularité, allant par vagues, ne s'est jamais vraiment démentie. D'autant plus que le caractère excessif et éminemment grotesque du zombie lui aura permis de se réinventer au travers de la comédie, comme en témoigne Shaun of the Dead d'Edgar Wright, ou encore Braindead, l'un des meilleurs films de Peter Jackson.
Jeremi Szaniawski propose, en deux conférences et quatre films, de revenir sur le phénomène du film de zombie, et d'en expliquer la popularité, par un panorama circonstancié et critique ; puis d'interroger la fascination pour les corps en décomposition - qu'ils soient de morts-vivants ou des bobines de celluloid sur lesquelles ceux-ci s'imprimèrent jusqu'à il y a peu. Entre imaginaire romantique de ruines et goût de l'abjection, l'occasion de poser quelques questions sur les aberrations de mouvement, les syncopes, blackouts et paradoxes mémoriels propres au genre de l'horreur.

Ces deux conférences poursuivent et complètent la réflexion sur la dichotomie cerveau/corps, posée déjà au cours du mini-cycle 'Nostalgia/Utopia' (juin 2017).


Mardi 5 décembre 2017 - 19h00 - Salle Ledoux

Love of the Dead : Zombies, anamnèse et amnésie
Retour panoramique, le temps d'une conférence, sur l'histoire du film de zombie en tant que genre, iconographie, et phénomène-des traumatismes de la prime enfance captive des programmations télévisées jusqu'à l'oblitération des détails et la re-composition des trames à l'âge adulte. Mystères du cerveau humain, dont les zombies seraient d'ailleurs si friands.

Le même soir, à 21h00, projection de L'Aldila [L'Au-delà] (Lucio Fulci, 1981)

Et le jeudi 7 décembre 2017, à 21h00, projection de Zombi 2 (Lucio Fulci, 1979)

 

Mardi 12 décembre 2017 - 19h00 - Salle Ledoux
Des corps (cinématographiques) en décomposition
A l'écran comme sur la pellicule servant à leur projection, les corps en décomposition suscitent une fascination qui a trait à de nombreux facteurs : goût de l'abjection, angoisse de la mort, fétichisme du passé, et, englobant le tout, notre inconscient politique, c'est-à-dire notre rapport à la logique du capitalisme et à ses enjeux chaque jour plus problématiques eu égard au maintien et au péril des corps, cinématographiques ou autres.

Le même soir, à 21h00, projection de Braindead Peter Jackson, 1992)

Et le vendredi 15 décembre 2017, à 21h00, projection de Dawn of the Dead (George A. Romero, 1979)


Infos : scc@cinematek.be / 02 551 19 47

Zombi 2 (Lucio Fulci, 1979)
Dawn of the Dead (George A. Romero, 1979)