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CINEMATEK?

CINÉ-CONCERTS



Le CINéma "muet"

Le cinéma, même à ses débuts, est rarement «silencieux»: il est certes sans paroles, mais pas sans son: la projection d'un film s'accompagne de bruitage, de commentaires déclamés par des bonimenteurs ou encore de musique avec piano voire avec orchestre. En réalité, l'idée de combiner son et image date des débuts de l'histoire du cinéma. Mais il fallu résoudre plusieurs problèmes techniques (synchronisation son/images, amplification et qualité du son) avant de produire une bande son. Le cinéma «parlant» proprement dit se développa à la fin des années '20, avec le son disposé sur la pellicule, format qui allait devenir un standard.

Certains réalisateurs rajoutèrent du son à un film autrefois muet, pour lui redonner vie (comme The gold rush de Chaplin, existant en version muette et en version sonore). En 2013, c'est là une pratique couramment utilisée pour projeter du cinéma muet. Ce n'est toutefois pas la seule option, certaines cinémathèques estimant qu'on intervient trop dans le matériau d'origine.


QUELLES SONT LES POSSIBILITÉS POUR LA PROJECTION DE FILMS MUETS EN 2013 ?

1. Le silence absolu : Cette option avait déjà ses partisans à l'époque du muet. Mais ce choix ne correspond pas à ce qui se pratiquait généralement à l'époque dans les salles. La musique avait une raison d'être fonctionnelle : couvrir les bruits parasites de la projection et de la salle et participer au spectacle (ouverture, intermèdes, accompagnement du film). Certains films peuvent se passer de musique, mais ils sont rares.

2. L'interprétation de la partition historique :  Défendu par certains historiens du cinéma et musicologues, ce mode d'accompagnement est intéressant pour se faire une idée de ce qui se composait à l'époque.  La restauration d'un film fournit l'opportunité de retrouver et recréer la partition originale.  Certains réalisateurs ont fourni parfois des indications très précises sur la musique qu'ils souhaitaient pour leurs films. Mais ces reconstitutions, longues et coûteuses, restent occasionnelles.

3. La création contemporaine d'une musique originale pour le film :  un festival, une rétrospective, un anniversaire ou une restauration sont l'occasion de appel au talent d'un compositeur pour écrire une nouvelle partition. Cette pratique s'est beaucoup développée ces dernières années. Certains cinéphiles puristes et défenseurs de l'approche « historiciste » la jugent anachronique et certains mélomanes ou musicologues critiquent son caractère stéréotypé.  Mais la musique permet de faire revivre un film ou de le « découvrir » différemment, voire de souligner son caractère intemporel.

4. La sélection de musiques appartenant au répertoire classique ou d'époque : On sélectionne des oeuvres musicales pour certaines séquences du film.  A l'époque du muet ce procédé était courant dans les salles de cinéma, lorsqu'il n'existait pas de partition écrite pour le film.  Se rapprochant de la reconstitution historique, cette pratique comporte le risque de la redondance, ou d'un plaquage artificiel ou inadéquat d'une musique sur l'image.  Et puis les musiques de répertoire ont leurs qualités ou justifications en dehors de l'image, ce qui n'est pas nécessairement  le propre de la musique de cinéma.

5. L'improvisation : On parle d'improvisation totale lorsqu'on accompagne un film pour la première fois et qu'on n'a pas eu l'occasion de le visionner.  C'est l'expérience la plus exaltante et la plus risquée pour un improvisateur. Dans la pratique, c'est souvent de la semi-improvisation, car avec le temps, l'improvisateur connaît les films ou en prépare l'accompagnement (utilisation de leitmotivs ou thèmes exploités tout au long du film).

C'est tout un art ! Le pianiste s'adresse à un public chaque fois différent et s'adapte au contexte. Comme toute bonne musique de film, l'improvisation doit être à la fois discrète et efficace.  Discrète parce qu'elle doit « s'entendre mais ne pas s'écouter ». Efficace, parce qu'elle doit être en synchronisation avec le rythme et les idées du film.  Le pianiste sert de pont entre le film et les spectateurs.

 

LES CINé-CONCERTS À LA CINEMATEK

À côté de projets exceptionnels de restauration, une cinémathèque ou un musée du cinéma qui programme régulièrement du cinéma muet, n'a en pratique que deux options : le silence ou l'improvisation. L'improvisation est le choix de CINEMATEK, seule salle au monde à proposer au public un dispositif permanent de projection de cinéma muet avec musique en direct. Le côté performance — le live — confère un caractère événementiel et une atmosphère à chacune de nos projections. Plus de 100 ans parfois après la création d'une oeuvre, l'accompagnement musical rend les images toujours vivantes.

Sept pianistes se relayent à la CINEMATEK pour accompagner, presque chaque jour, des séances de cinéma "muet" : Alain Baents, François Chamaraux, Fabian Fiorini, Hughes Maréchal, Hilde Nash, Stéphane Orlando, Noah Vanden Abeele et Jean-Luc Plouvier.

Trois d'entre eux, Alain Baents, François Chamaraux et Stéphane Orlando, évoquent leur expérience à travers des entretiens filmés et accompagnés en musique, dont nous vous proposons une compilation en quatre volets.

  • Une touche d'histoire
  • Un pianiste dans la salle ?
  • Le choix de l'improvisation
  • Les clefs de l'accompagnement


CINEMATEK remercie Alain Baents, François Chamaraux et Stéphane Orlando pour leur contribution à ce reportage.
Les vidéos ont été réalisées par Tristan Benoît.