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CLASSICS & ANTHOLOGIES

MICHAEL CIMINO

03.01 > 23.01


Michael Cimino, décédé le 2 juillet dernier, laisse derrière lui une œuvre sommaire et controversée. Pourtant, le cinéma ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans l'apport de ce cinéaste phare du New Hollywood. CINEMATEK a tenu à rendre hommage au réalisateur de Voyage au bout de l'enfer et Les Portes du paradis.

Pour les uns il aura été l’Orson Welles de sa génération, pour les autres, un franc-tireur qui aura pleinement participé au déclin du New Hollywood. Il est indéniable que dans la seconde moitié des années 1970, Cimino aura été considéré comme un maître à Hollywood. Et pourtant, quelques années plus tard, il tombera de ce piédestal où producteurs, presse et public l'avaient hissé.
Sa carrière débute une décennie plus tôt, sereinement. Né en 1939, il travaille d'abord dans la publicité, comme designer, puis comme réalisateur de spots commerciaux. Au début des années 1970, il s'installe à Hollywood, où il travaille comme scénariste, fonction dans laquelle il rencontre un succès immédiat. Il a ainsi participé au scénario de Silent Running (1972), un film de science-fiction “contre-utopique”, et au second volet du sequel Dirty Harry : Magnum Force (1973). Au cours du tournage de ce polar cinglant, il fait la connaissance de Clint Eastwood, et lui propose le rôle principal dans Le Canardeur (1974), un road movie dans lequel figure également Jeff Bridges. Quatre ans plus tard, en 1978, Cimino devient une des figures majeures du New Hollywwod, ces “Jeunes Turcs” qui allaient bouleverser le cinéma américain dans les années 1970. Ce statut, c'est à Voyage au bout de l'enfer que Cimino le doit, un des premiers films critiques à l'égard de la guerre du Vietnam. Couronné de cinq Oscars, dont deux pour Cimino (meilleur film, meilleure réalisation), le film a pourtant coûté beaucoup plus cher que ce qui était prévu, mais son succès commercial fut tel, que les producteurs passèrent l'éponge. Une largesse dont ne jouira plus Cimino deux ans plus tard, lorsqu'il dépasse largement son budget pour réaliser Les Portes du paradis (1980). Ce western épique et lyrique fut un échec commercial tel, qu'il faillit mettre le studio United Artists en faillite. Le film fut également attaqué par la critique. Les réactions négatives visèrent essentiellement les expérimentations de Cimino avec la structure narrative, ainsi que la mise en scène peu orthodoxe. Au cours des ans, la réputation du film a considérablement changée, et il est considéré aujourd'hui comme un véritable chef-d’œuvre. Cimino n'aura plus jamais la même liberté, et il va même rencontrer d'énormes difficultés à produire ses films. Mais il n'a jamais abdiqué, et plusieurs films suivront : L'Année du dragon (1985), un thriller musclé, Le Sicilien (1987), un portait de Salvatore Giuliano, renégat à l'origine de la mafia et partisan de l'indépendance de la Sicile, La Maison des otages (1990), un remake du film noir éponyme de William Wyler, et The Sunchaser (1996), produit il y a plus de vingt ans, et dernier film du cinéaste. La liste des projets imaginés par Cimino, et qui n'ont jamais vu le jour, comme par exemple un portrait d'Eddy Merckx, est bien plus longue que sa filmographie, qui ne compte que sept titres. Mais ce fut amplement suffisant pour laisser une marque indélébile dans le cinéma américain du dernier quart du 20e siècle