Entre désastre écologique, possibilité militaire de s'anéantir, et possibilité scientifique de se modifier fondamentalement, l'Homme moderne affronte des défis vitaux pour sa survie, et vit dans l'angoisse de la disparition de sa propre espèce.
Le progrès — scientifique, technologique, ou économique -, autrefois salutaire, n'a plus l'aura d'antan. Au contraire, il est l'objet de nombreuses remises en questions et ses dérives attisent notre inquiétude. Les chiffres avancés par les spécialistes sont alarmants. L'équilibre climatique dégénère, nous sommes assis sur plus qu'il n'en faut d'explosifs pour détruire l'humanité toute entière et même plusieurs fois (!), et depuis peu, nous investissons le laboratoire même de la vie à coup de clonages et de manipulations génétiques, matérialisant le cauchemar de Frankenstein.
Le cinéma, prompt à représenter nos angoisses, n'a pas négligé les visions inquiétantes et pessimistes de notre devenir commun, et s'il est un exercice de style dans lequel le genre abonde, c'est le film d'anticipation. Lié à la science-fiction, se déroulant dans un futur proche ou hypothétique, le genre regorge en représentations de sociétés humaines prophétisées comme autant de dystopies pouvant anéantir ou asservir l'Humanité, canalisant toutes nos angoisses présentes pour en tirer un portrait grossi dans un futur à portée de main. Il s'agit en somme pour les auteurs d'amplifier les dérives d'une époque (souvent liées aux développements technologiques et scientifiques de celle-ci), et d'imaginer les conséquences dramatiques de ces dévoiements. Par conséquent, les sujets abordés, et les causes hypothétiques de notre anéantissement total ou partiel, varient en fonction des époques. Durant la Guerre Froide par exemple, la peur d'un désastre nucléaire, militaire ou civil, s'est traduit dans de nombreux films (La bombe, Le dernier rivage, L'homme qui rétrécit), et ce n'est pas un hasard si les films anticipent aujourd'hui les pires catastrophes écologiques (Le jour d'après). Autant de mises en gardes contre notre propre perte, autant d'utopies pessimistes qui nous sont présentées comme notre propre miroir morbide. Si les causes de notre anéantissement sont nombreuses et diverses (surpopulation dans Soleil vert ; clonages, mutations ou manipulations génétiques dans L'île du Dr. Moreau, La fiancée de Frankenstein, Les yeux sans visage, La mouche... ; privation des libertés, contrôle de la pensée ou asservissement pur et simple dans Metropolis, Brazil, Farenheit 451 ou Alphaville) le dénouement semble unanimement testamentaire, et l'avenir de notre espèce fragile et incertain.
Et à l'affiche du Théâtre national :
FARE THEE WELL TOVARITCH HOMO SAPIENS
18 > 29.03 : 1er volet : Un Uomo Di Meno
Mise en scène de Jacques Delcuvellerie.
Une coproduction du Groupov, du Théâtre National et du Théâtre de la Place
18 > 22.05 : 2ème volet : Mary Mother of Frankenstein
Mise en scène de Claude Schmitz
Dans le cadre du KunstenFESTIVALdesArts
Une coproduction du Groupov, du Théâtre National, du Théâtre de la Place, du KunstenFESTIVALdesArts et du Festival de Salsbourg.