Avec pareille carrure, voix rauque et tronche d’ours mal léché, il saute tout de suite aux yeux que Lee Marvin n’a pas vertu d’apparaître à l’écran pour y tenir le rôle du grand séducteur. Et si l’acteur qui nous a quittés il y a 30 ans voit sa carrière évoluer de rôles de complices violents et de criminels sadiques vers des rôles plus mâtinés d’héroïsme et de justice, ce sont surtout ses incarnations de bad guys qui restent gravées dans la mémoire collective.


Certains films sont à voir, absolument. CLASSICS est une anthologie libre des films qui ont influencé le développement du 7e art. Films phares, points de repère, chefs-d’œuvre incontestés, films cultes à l’origine d’une mythologie moderne... dont les qualités intrinsèques peuvent certes être remises en question, mais dont l’apport à notre identité culturelle est indéniable. Plus que de simples standards ou exemples-types, ces films ont permis - et permettent toujours - d’ouvrir le cinéma sur un espace de dialogue.

De juin 2017 à juin 2018, à l'occasion des 50 ans du Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles, (re)découvrez une sélection de films qui ont chacun marqué l’histoire du cinéma belge francophone. Chaque séance sera présentée par un ou plusieurs invités (réalisateurs, producteurs, acteurs,...) ayant collaboré au film, et suivie d'une reception.


Paul Vecchiali écrit en 2009 que s’il fallait résumer le cinéma français en deux figures marquantes, ce seraient alors Jean Gabin et Danielle Darrieux. Outre qu’elle fête cette année son centième anniversaire, Danielle Darrieux a le destin d’une femme qui ne fut pas seulement la première et la plus grande vedette du cinéma parlant, mais surtout une actrice qui sut combiner avec grand talent le naturel, l’émotion et l’ironie.


1917 est l’année de deux révolutions russes, mais aussi la quatrième année de la Première Guerre mondiale. Un tournant dans l’histoire qui détermine toute la suite du 20e siècle. Ce cycle réunit 19 films qui jettent un regard depuis des perspectives différentes sur sa genèse et ses prolongements.


En 1997, un groupe de femmes unies par l’amour du cinéma ont décidé d’encourager et de soutenir le cinéma d’auteur, en créant l’asbl CinéFemme et en remettant chaque année le CinéFemme Award. Pour célébrer l’anniversaire de l’association, CINEMATEK retrace ses choix et le chemin parcouru, et programme cet automne les films primés depuis 20 ans.


Les 18.11 et 19.11, CINEMATEK accueille la compétition du Brussels Art Film Festival (BAFF) et présente en écho et dans le cadre des 50 ans d'aide à la création cinématographique en Fédération Wallonie-Bruxelles, un programme qui fait le pari de raconter l’histoire du film sur l’art en 12 films sur 50 ans !


Les films imprégnés de mélancolie de Mikio Naruse semblent avoir été oubliés avec le temps. Même à l'échelle internationale, c'est dans l'ombre d'Ozu et de Mizogushi qu'il faut chercher la trace de ce réalisateur japonais. Avec une rétrospective de vingt titres, CINEMATEK entend remettre son travail en lumière.

David Lamelas

Depuis les années 1960, David Lamelas (Buenos Aires, 1946) est l’un des représentants les plus significatifs de l’art contemporain en Argentine. Donnant forme à l’avant-garde dans son pays, il initia un courant radical dans sa pratique sculpturale et développa dans ses films, installations et photographies un traitement particulier au temps et à l’espace. Sa participation à la Biennale de Venise en 1968, où il rencontra Marcel Broodthaers et Anny De Decker de la galerie Wide White Space d’Anvers, a lancé sa carrière européenne et son œuvre a été depuis, largement présentée dans de nombreuses institutions tant en Europe - cette année encore à la documenta 14 d’Athènes et de Kassel - qu’en Amérique. Son travail fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art et du MoMA à New York, de la Tate Gallery et du MOCA de Los Angeles.


En hommage à leur fille Myriam, ardente cinéphile trop tôt disparue, la famille Garfunkel a établi en 1997 un fonds destiné à financer la restauration des films. Les revenus du fonds - géré par la Fondation Roi Baudouin - ont permis à la Cinémathèque royale de restaurer une série de films qui, en raison de la fragilité de leur état et de leur rareté, menaçaient de disparaître.


Les destinées de l’œuvre d’Andrzej Wajda (1926-2016), disparu en octobre dernier, furent toujours intimement liées à l’histoire de son pays, la Pologne. Le cinéaste fit d’abord l’objet d’un intérêt indéniable en Occident au moment du dégel, où il déboula sur la scène internationale avec fracas et brio, annonçant le renouveau du cinéma polonais. Il dépeignit alors le destin tragique de son pays au travers d'un symbolisme romantique esquivant la censure soviétique, geste important dans lequel le public polonais se reconnut à plus d'un égard.


Explorant les liens entre cinéma, littérature et théâtre, le jeune réalisateur argentin Matías Piñeiro (Buenos Aires, 1982), filme avec un micro-budget, de jeunes bohèmes palabrant sur la vie et l'amour. À 35 ans et avec 6 films - relativement courts- à son actif, il est l’un des talents les plus prometteurs du cinéma contemporain. CINEMATEK vous invite à le découvrir par une rétrospective de son œuvre restée inédite en Belgique et par une longue et passionnante carte blanche, à l’image de sa grande cinéphilie. On y retrouve des réalisateurs argentins influents (Hugo Santiago, Leopoldo Torre Nilsson), des cinéastes références (Jean Renoir, Chantal Akerman), des films de prédilection (Dance, Girl, Dance de Dorothy Arzner, La caída de Torre Nilsson), et bien entendu, des chassés-croisés amoureux (Le Quadrille de Guitry), des comédies (Sylvia Scarlett de Cukor) et du théâtre (King Lear de Godard). Matías Piñeiro sera à CINEMATEK les 04.11 et 05 .11 pour des rencontres avec le public, et, le 06.11 pour une journée d'étude.


CINEMATEK dédie cette année sa soirée Halloweeen à Clive Barker, l’écrivain Anglais consacré ‘avenir de l’épouvante’ par Stephen King lors de sa percée au milieu des années 1980. Sa première tentative en tant que réalisateur fait immédiatement mouche : Hellraiser : Le pacte (adapté de son livre Hellraiser). Elle fait apparaître une des figures iconiques du film d’horreur des années 1980 : Pinhead. Deux réalisations suivent ensuite : Cabal et Le Maître des Illusions, expériences qui frustrent le réalisateur à cause de rapports compliqués avec les studios. Bernard Prose porte à l’écran en 1992 une autre icône du film d’horreur sortie du cerveau de Barker : Candyman, pour un mélange réussi entre film d’horreur classique et légende urbaine.
Vivez Halloween comme il se doit : avec la dose d’épouvante de rigueur!


Paul Sharits

Peintre de formation, le cinéaste Paul Sharits (Denver 1943 – Buffalo 1993) est surtout connu pour être l’une des figures du cinéma structurel aux côtés de Tony Conrad, Hollis Frampton et Michael Snow. Manipulant directement la pellicule, il combina, avec une très grande maîtrise, la pratique de la peinture et du cinéma, réalisant des travaux non-narratifs et abstraits, les flicker films. Dérivant de la texture de la peinture et du design visuel, ses films ont plus à voir avec la lumière, la couleur, la texture visuelle qu’avec la caméra ou le montage. Son travail (en projection et en installation) a fait l’objet de nombreuses projections dans les festivals, galeries, centres d’art et musées aux États-Unis et en Europe