A religiosa Portuguesade et avec Eugène Green, Portugal - France 2009Leonor Baldaque, Francisco Mozos / couleur / ST: FR / 127'
Un film dans le film, avec Eugène Green incarnant lui-même un cinéaste français qui tourne un film dans les rues de Lisbonne à partir d'un texte du 17è siècle retraçant la vie d'une nonne. La jeune comédienne qui incarne le rôle principal, débarque pour la première fois à Lisbonne — bien qu'elle ait une mère d'origine portugaise — laissant derrière elle ses problèmes affectifs. Si elle flirte brièvement avec l'acteur principal du film, elle trouve en fin de dompte son réconfort auprès d'une jeune nonne portugaise qu'elle rencontre sur le plateau de tournage. Tous les éléments stylistiques qui ont fait la marque d'Eugène Green dans ses films précédents (Le monde vivant et Le Pont des Arts), à savoir: dialogues maniérés, plans fixes, et musique transcendantale, se retrouvent dans ce film intriguant.
La Religieuse portugaise est un film particulièrement fort et singulier. Comme lest son auteur, Eugène Green. Après trois films français — une adaptation littéraire (Toutes les nuits, en 2001, daprès La Première Education sentimentale de Flaubert), un faux conte médiéval moyenâgeux (Le Monde vivant, 2003), et un film politique (Le Pont des arts, 2004) -, le cinéaste déplace son cinéma à Lisbonne pour nous conter lhistoire dune jeune actrice française dorigine portugaise (Leonor Baldasue, actrice révélée par Manoel de Oliveira, phénompénale) qui, à loccasion dun tournage (cest le côté Le Mépris du film), découvre enfin le pays de ses ancêtres. Elle va tour à tour y rencontrer une religieuse mystérieuse, un enfant orphelin, le spectre dun roi du Portugal, la grâce et un sens à sa vie. Il faut dun cinéaste comme Eugène Green pour donner sens et beauté à une telle histoire. Green est un chasseur pacifique, un révélateur de fantômes (les absents quon ne voit pas mais qui sont là, ceux quon voit sans quils soient là) au sens fort du mot. Il réalise ici son film le plus accompli, ses plus belles prises. Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles 728, 11.11.2009
Il nest pas question de ruiner ce suspense janséniste, mais lon peut au moins dévoiler que la Religieuse portugaise est à ce jour lopus le plus heureux et le plus aérien de la filmographie greenienne, réalisant cette parole initiale de son héroïne: Je me demande si dans la vie, du début jusqula fin, il y a jamais plus dun seul amour. Eric Loret, Libération, 10-11.11.2009